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Stimulez votre nerf vague, votre santé dépend de lui

Cher lecteur, chère lectrice,

J’ai rencontré Florence dans la salle d’attente d’un médecin généraliste. Elle venait consulter pour des troubles diffus (fatigue, nausées, migraines, problèmes de transit…) qui s’amplifiaient dans les périodes de tension nerveuse. Nous avons donc bavardé. Elle avait déjà essayé de multiples traitements pour atténuer tel ou tel symptôme, mais le soulagement n’était jamais durable.

Je l’ai revue quelques mois plus tard, au même endroit. Elle avait l’air transformée, plus détendue, avec une mine plus éclatante. Elle m’a raconté sa rencontre avec le nerf vague. Un thérapeute lui ayant conseillé d’en prendre soin, elle a tenté le coup. Sans trop y croire. 

Depuis, la jeune femme « gère » au quotidien son équilibre neuro-émotionnel et neuro-métabolique à coup de respiration, relaxation, complémentation… Elle m’a avoué que tout n’était pas réglé, mais elle ressentait un mieux-être dû autant au reflux de ses malaises qu’à la sensation nouvelle de « prendre sa santé en main ».

se libérer avec la respiration
se libérer avec la respiration

Un miracle ? Pas du tout. Car si tout le monde, ou presque, connaît l’existence du nerf vague à travers le malaise vagal, impressionnant mais sans gravité, rares sont ceux qui se font une idée de l’étendue de ses actions.

Ce nerf, qui n’a de vague que le nom, intervient dans la prise et la perte de poids, la digestion, l’inflammation, l’équilibre du microbiote intestinal, les phénomènes douloureux, les défenses immunitaires… Il est aux commandes du système cardiovasculaire (rythme cardiaque, pression artérielle…), de la respiration (rythme, amplitude…), de la glycémie (niveau de sucre dans le sang)…

Vous l’avez compris : votre nerf vague possède un vaste territoire d’activité, dont la science n’a pas encore dessiné tous les contours. Très récemment, par exemple, une information a circulé évoquant l’effet positif d’une stimulation électrique du nerf vague (sous contrôle médical) dans le traitement du syndrome des jambes sans repos, une pathologie à l’origine floue qui se manifeste par des sensations pénibles dans les membres et pour laquelle il n’existe aucun traitement avéré.

L’anatomie du nerf vague est connue depuis des siècles, mais il a fallu attendre longtemps pour commencer à entrevoir son importance dans notre équilibre interne. Car, vous allez le découvrir, il est possible de stimuler et d’équilibrer l’activité de ce nerf afin d’harmoniser nos fonctions internes. 

Le nerf vague, c’est le chef d’orchestre de notre « médecine du corps » ! (voir ci-dessous l’interview du Dr Rougier). A nous d’en prendre soin au quotidien pour cultiver notre bien-être et préserver notre santé.

Le Docteur Yann Rougier parle des antidouleurs naturels.

L’autoroute de la psychosomatique

Au cours des dernières années, le nerf vague a peu à peu gagné en popularité auprès du grand public au point de devenir une star mondiale. On ne compte plus les articles, les livres, les émissions de radio et de télévision qui lui ont été consacrés. Et c’est justice, car notre dixième nerf crânien est impliqué dans tout notre équilibre interne, ou presque.

Vous souffrez de douleurs inflammatoires ? Votre nerf vague peut y jouer un rôle. On pourrait dire la même chose à propos de la déprime latente, des troubles digestifs, des problèmes de sommeil, des fragilités immunitaires… Le nerf vague se trouve au croisement de différentes routes métaboliques.

Il faut dire que c’est un nerf exceptionnel à maints égards : d’abord sa longueur, puisque c’est l’un des plus étendus du corps humain ; ensuite, l’immense territoire biologique qu’il couvre ; enfin, son rôle essentiel dans l’équilibre global de notre système nerveux autonome.

L’heure est venue d’un petit rappel. Une partie de notre système nerveux répond à nos « ordres » conscients : je décide de porter ma main à mon visage pour me gratter le nez, et en quelques millisecondes, le message parcourt les nerfs impliqués dans ce geste pour aboutir à la mobilisation des muscles et des articulations concernées. 

Parallèlement, une autre partie du système nerveux est en charge de toutes les fonctions qui ne demandent pas notre intervention consciente : la digestion, la respiration, les sécrétions hormonales, le sommeil… On l’appelle « système nerveux autonome ».

 Ce système nerveux autonome est constitué de deux branches parallèles : une branche orthosympathique et une branche parasympathique. La première joue le rôle d’accélérateur, la seconde de frein. Comprenez : les informations qui circulent dans la branche orthosympathique stimulent principalement nos fonctions, quand les informations circulant dans la branche parasympathique les apaisent plutôt.

Les deux branches du système nerveux autonome entretiennent des relations étroites. Notre organisme vit dans un état d’instabilité constante d’où émerge un équilibre plus ou moins stable. Chez les personnes en bonne santé physique et psycho-émotionnelle, ortho et parasympathiques fonctionnent main dans la main et aucun ne prend le pas sur l’autre. L’équilibre est assuré.

Voilà pour la théorie. En pratique, notre manière de vivre actuelle, naviguant entre excès de stress, agressions émotionnelles, sédentarité et malbouffe, sur-stimule notre système nerveux orthosympathique, au détriment du parasympathique. Ce qui déclenche toute une série de troubles que la médecine nomme « fonctionnels ». Comprenez : des troubles qui ne dépendent ni d’un agresseur externe (microbe, virus…), ni d’une défaillance majeure d’un organe (le pancréas chez les diabétiques, par exemple). 

Or, ce sont justement ces troubles qui défient la médecine moderne, laquelle a parfois du mal à trouver une solution médicamenteuse adaptée et mesurée. Les insomnies, l’anxiété chronique, les problèmes de transit, les douleurs articulaires, les maux de tête (entre autres…) sont autant d’exemples de ces manifestations pénibles qui nuisent au bien-être quotidien.

Nous voilà arrivés au cœur du sujet : le nerf vague distribue en priorité les messages parasympathiques, c’est-à-dire les informations qui « appuient sur le frein » . En stimulant ce nerf par des petits gestes quotidiens, on peut progressivement le renforcer afin de restaurer son niveau d’activité optimal, ce qui fait baisser d’autant la pression qu’exerce l’orthosympathique. 

Résumons : le nerf vague est la voie royale des informations parasympathiques, qui viennent tout naturellement rétablir l’équilibre entre les deux branches du système nerveux autonome. 

Précisons que, sur la masse d’informations qui transitent par le nerf vague, 80% circulent depuis les organes vers le cerveau. On nomme « messages afférents » ces données destinées à tenir le cerveau au courant de ce qui se passe dans l’organisme. Les 20% restants sont émises par le cerveau pour contrôler et diriger l’activité des organes (ce sont les messages efférents). 

Cette différence montre d’abord que le cerveau est vraiment informé en temps réel de tout ce qui se passe dans l’organisme. Elle souligne aussi que le cerveau ne décide rien à la légère, puisqu’il lui faut quatre informations pour diffuser un ordre. Cette particularité fait du nerf vague un outil essentiel pour qui veut prendre soin de sa santé en équilibrant les « 5 facteurs du vivant » (voir ci-dessous l’interview du Dr Rougier).

Le Docteur Rougier nous parle des cinq facteurs du vivant

Le nerf vague : des tours et des détours

Suivons quelques instants le trajet de notre nerf vague, que les neurologues nomment aussi « nerf pneumogastrique » car il se promène à la fois dans la cavité thoracique et dans l’abdomen.

On parle toujours du nerf vague au singulier, comme du nerf sciatique ou du nerf crural. En réalité, il s’agit de paires de nerf circulant soit des deux côtés du corps (droite et gauche), soit sur ses feux faces (avant et arrière).

D’abord, regardons la carte.

  • Le nerf vague part du cerveau, ou plus précisément du tronc cérébral, une structure située à la base du cerveau qui donne naissance à la moelle épinière. C’est donc un nerf étroitement lié à nos fonctions cérébrales.
  • Le nerf vague émerge hors de la boîte crânienne au niveau du cou, puis il se dirige immédiatement vers l’oreille externe avant d’infléchir sa course vers le bas, en direction de la gorge. Un nouveau rameau se forme alors pour se diriger vers la région du pharynx où il est impliqué dans la déglutition et l’ouverture des voies respiratoires supérieures.
  • De là, d’autres rameaux atteignent le cœur dont ils gèrent le rythme, et vers les poumons afin d’adapter en permanence le diamètre de leurs bronches et alvéoles pour assurer notre apport en oxygène. 
  • Après un petit détour du côté du thymus (une petite glande impliquée dans nos défenses immunitaires), le nerf vague descend encore dans la cavité abdominale. Au niveau de l’estomac, il assure et module les contractions qui permettent de broyer la nourriture. Il contrôle aussi la production des sucs gastriques. 
  • Du côté du foie, le nerf vague est impliqué dans la production de la bile, mais aussi dans les autres activités de cet organe essentiel (filtrage du sang, élimination des toxines, transformation des graisses en sucre…). La rate et le pancréas ne sont pas en reste, puisque chacun dispose de son rameau nerveux. 
  • Dernière étape : la région basse de l’abdomen. Le nerf vague s’y promène jusqu’aux intestins (grêle et côlon) , où il agit aussi bien au niveau des contractions  (le péristaltisme) que de l’équilibre du microbiote. Enfin, un rameau s’infiltre jusqu’aux reins, chargés de l’élimination des déchets et toxines.

 Un si vaste territoire…

Au premier coup d’œil, on comprend que le nerf vague intervient dans la respiration, l’activité cardio-vasculaire, la respiration, la digestion (à tous ses étages), l’élimination toxinique, le stockage et le déstockage graisseux… Quand bien même se limiterait-il à cela que notre nerf vague serait déjà à féliciter. Mais il va encore plus loin…

  • Le nerf vague est impliqué dans l’inflammation. Les phénomènes inflammatoires constituent, avant tout, une défense naturelle du corps qui lutte ainsi contre les blessures et les infections. Mais il arrive que l’inflammation s’installe silencieusement dans les profondeurs de l’organisme, sans effets apparents, jusqu’à ce qu’émergent des phénomènes pathologiques notamment douloureux. Tous les types de tissus peuvent être touchés (articulaires, pulmonaires, digestifs, musculaires…). L’inflammation s’auto-entretient alors, sous l’impulsion des messages orthosympathiques. En stimulant le nerf vague (donc les informations parasympathiques), on peut rééquilibrer tout le système, ce qui aboutit à la disparition des phénomènes inflammatoires sous-jacents.
  • Le nerf vague contrôle notre appétit. Autrefois, on pensait que la faim se déclenchait lorsque notre estomac était vide. Puis on a compris que l’appétit (et donc la satiété) étaient des phénomènes cérébraux liés à l’activité du système nerveux autonome. La faim est, en fait, un message du cerveau qui indique que l’organisme a besoin de carburant. Le nerf vague est, une fois encore, au cœur du mécanisme car c’est lui qui transmet au cerveau les informations concernant nos besoins de nourriture.
  • Le nerf vague est en lien avec notre microbiote intestinal. Le peuple bactérien qui vit dans notre organisme, notamment dans notre tube digestif, nous rend de nombreux services. Il intervient dans nos défenses immunitaires, l’assimilation des nutriments, la synthèse de certaines vitamines… Et même dans l’équilibre de notre humeur. Vous me voyez venir ? Le nerf vague influence la santé de nos bactéries intestinales en échangeant directement des informations avec elles. Là encore, la stimulation du nerf vague bénéficie à leur équilibre en favorisant les informations parasympathiques. 
  • Le nerf vague intervient dans nos défenses immunitaires. Nos lignes de défense n’agissent pas seules, coupées du reste de l’organisme. Elles sont tenues au courant en permanence de ce qui se passe ailleurs, de même que le cerveau est informé en temps réel de la réponse immunitaire. Le nerf vague est impliqué, bien sûr, dans cette délicate architecture. 

Comment l’équilibrer en douceur ?

Vous mesurez à présent la quantité de symptômes courants que vous pouvez gérer vous-même, au quotidien, juste en stimulant votre nerf vague ? Vous évaluez le mieux-être que vous pourrez tirer de l’harmonisation de toutes les fonctions vitales liées, de près ou de loin, à votre nerf vague ?

Vous n’avez qu’à intégrer à votre quotidien quelques gestes simples, dont certains sont vraiment à portée de main. Voici quelques pratiques qui vous aideront au jour le jour.

Cela n’étonnera personne si je vous dis que le fait de pratiquer chaque jour des exercices respiratoires (5 mn, 3 fois par jour) apaise la tension nerveuse et favorise la stimulation du nerf vague (voir ci-dessous l’interview du Dr Rougier). Vous trouverez des exemples d’exercices respiratoires sur le site

Le Docteur Rougier nous montre comment booster notre immunité grâce à la respiration.

De la même manière, la pratique régulière de relaxations (matin et soir) contribue à laisser le champ libre aux messages parasympathiques régulateurs (vous en trouverez également sur le site). 

Côté alimentation, votre nerf vague bénéficiera de tous les nutriments préférés de votre système nerveux : vitamines du groupe B, magnésium, Omega 3… Variez au maximum votre alimentation, que vous choisirez fraîche et bio de préférence, afin d’optimiser vos apports en micro-nutriments essentiels. 

A cela s’ajoutent quelques petits gestes agréables et inattendus, que vous n’aurez aucun mal à répéter au fil de la journée.

  • Gargarisez-vous. Le simple fait de se gargariser tonifie directement le nerf vague. Rappelez-vous : au début de son trajet, celui-ci atteint les tissus de la gorge (larynx et pharynx) dont il gère en partie le fonctionnement. Le fait de gargariser le fond de sa gorge exerce une sorte de massage sur ces tissus, ce qui stimule directement les fibres nerveuse de cette région. Matin et soir, après vous être brossé les dents, prenez 30 secondes pour vous gargariser avec de l’eau tiède légèrement salée.
  • Chantez ! C’est une activité qui fait un bien fou à votre nerf vague. Cela se comprend : la respiration est impliquée, et le fait de chanter revient à pratiquer un exercice respiratoire sur la durée ; ensuite, les vibrations sonores dans le fond de la gorge « massent » les tissus du larynx et du pharynx, qui sont directement innervés par le nerf vague. Ce n’est donc pas un hasard si l’on se sent si bien après avoir chanté : détendu, requinqué, épanoui… 
  • Massez votre cou. Les massages constituent un accompagnement efficace lorsqu’on désire améliorer la stimulation de son nerf vague. Vous pouvez vous tourner vers des massages en institut ou effectués par un thérapeute, mais aussi prendre l’habitude de pratiquer des automassages. Le cou (particulièrement la nuque) est une région intéressante car c’est là que le nerf vague commence son voyage dans notre corps. 
  • Riez aussi souvent que possible. Ce dernier conseil est loin d’être le moins sérieux. Car les interactions sociale et le rire sont au cœur de notre bien-être et de notre santé. On sait que le rire a de nombreuses vertus : il approfondit le souffle, apaise le mental, positive les émotions, calme le système cardiovasculaire, fait baisser la pression artérielle, augmente la production des hormones du plaisir et de la joie… Et en prime, rire stimule le nerf vague. Alors multipliez les jeux de société avec vos proches, regardez des films drôles, fuyez les personnes sinistres…

*

Trois questions à Yann Rougier 

« Le nerf vague est l’artisan majeur de notre harmonie neuro-métabolique ! » 

On parle beaucoup du nerf vague en ce moment, comme si on venait de le découvrir. Pourquoi un tel engouement ?

Yann Rougier : Le nerf vague est l’artisan majeur de notre harmonie neuro-métabolique. Cela, nous l’avons sous les yeux depuis des décennies. Mais dans sa course vers une technicité de plus en plus poussée (médicaments, vaccins, microchirurgie, chirurgie non-invasive…), notre médecine actuelle a parfois oublié que dans certains cas, elle peut aussi s’appuyer sur la médecine du corps des patients. Chacun de nous possède sa propre panoplie d’outils internes qui œuvrent en silence pour cicatriser les tissus blessés ou recoller les os brisés. D’autres mécanismes, tout aussi efficients mais moins visibles, nous « réparent » en permanence. Il ne faut pas oublier cette « médecine du corps », qui est l’alliée essentielle de la « médecine des hommes ». Et le nerf vague est l’un des agents majeurs de notre médecine du corps.

Le Docteur Rougier nous parle du nerf vague
Le Docteur Rougier nous parle du nerf vague

Le nerf vague est donc également impliqué dans les « 5 facteurs du Vivant » dont vous parlez souvent ?

Il se trouve même au carrefour de ces 5 facteurs ! Rappelez-vous : chacune de nos cellules, au même titre que notre organisme tout entier, respire, se nourrit, élimine ses déchets et se protège, pense et ressent des émotions. Il faut agir simultanément sur ces 5 facteurs pour obtenir des effets durables. Or, le nerf vague est en lien avec toutes ces fonctions : la respiration, la digestion et l’assimilation, l’élimination, ainsi que l’impact du stress et des émotions agressantes. En stimulant son nerf vague par des petites pratiques quotidiennes, on régule toutes ces fonctions et on apaise les effets délétères de l’excès de stress et de tension émotionnelle. 

Comment fait-on ? Donnez-nous un exemple…

Prenez la respiration. C’est une fonction extraordinaire qui implique à la fois l’appareil respiratoire et le système cardiovasculaire. Le contrôle respiratoire a un impact très rapide sur le stress et la tension nerveuse. Savez-vous pourquoi ? Parce que tous les organes mis en œuvre à chacune de nos inspirations et de nos expirations sont en lien avec le nerf vague. Il suffit donc de cibler ce nerf pour agir simultanément à plusieurs niveaux. Notre nerf vague est vraiment un allié irremplaçable dans la quête du mieux-être et de la santé !

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